L’Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV) italien vient de publier une étude dans le dernier numéro de la revue Geophysical research letters, portant sur la modulation de l’Etna. Et là où nous sommes particulièrement intéressés, c’est lorsque l’on apprend que cette étude a été menée à partir de données satellitaires et plus particulièrement par interférométrie radar (InSAR).

Ses gonflement et dégonflement sont liés à l’effet de l’accumulation progressive de magma sous l’appareil volcanique et à l’émersion successive en surface de celui-ci à travers les éruptions.

Marco Neri, INGV

L’Etna en effet, se gonfle et se dégonfle cycliquement, en se déformant jusqu’à produire de longues fissures sur les flancs du volcan, qui peuvent parfois se transformer en éruptions. La recherche a donc été conduite entre 1992 et 2006 et a analysé et comparé en détail l’activité éruptive du volcan et les déformations du sol par interférométrie radar. Cette technique permet en effet d’atteindre une précision dans la modélisation de l’ordre du centimètre voir moins par mesure de la différence de phase entre le signal émis et celui reçu, et donne alors la possibilité d’identifier des mouvements du même ordre de grandeur.

Vertical Displacement

L’étude a permis d’avancer un modèle de "fonctionnement" du volcan, qui n’est pas seulement utile pour en comprendre les caractéristiques du point de vue scientifique, mais aussi pour évaluer les risques autours des zones du volcan même. En particulier, ont été caractérisés deux comportements différents du volcan : le premier a vu un progressif "regonflement" de ses versants d’environ 1 cm par an, qui a été accompagné d’une activité éruptive des cratères des sommets, et qui a surtout intéressé la période entre 1993 et juin 2001 ; le second a porté un "dégonflement" du volcan, qui a déterminé principalement une déformation diffuse du flanc oriental, qui s’est décalé de quelques dizaines de centimètres vers la mer. Dans ce cas-là, l’activité volcanique concernait des fissures localisées le long des flancs du volcan, survenues entre juin 2001 et fin 2005.

East-West Displacement 

Les résultats ainsi obtenus mettent en évidence l’extrême importance des analyses multidisciplinaires pour la compréhension des phénomènes volcaniques. Le cycle éruptif analysé présente un modèle utile à la compréhension du fonctionnement, non seulement de l’Etna mais d’autres volcans basaltiques de la planète.

Source : Ambassade de France en Italie

Pour en savoir plus : ESA